GENRE, TRANSGENRE, IDENTITÉ SEXUELLE
Comment s’orienter dans la clinique aujourd’hui ?

DATES : A consulter – de Janvier à Juin 2019
LIEU : Maison du bâtiment, 344 bd Michelet, 13008 Marseille



La clinique est la boussole quotidienne du psychanalyste. La façon dont il opère dépend de la théorie qui oriente sa pratique. Que retient le psychanalyste d’aujourd’hui de Freud et de Lacan lorsqu’il interroge les choix de jouissance touchant au genre, au transgenre et à l’identité sexuelle ? Assurément une nouvelle clinique émerge.

L’identification sexuelle

On sait que Freud a repris la phrase attribuée à Napoléon : « L’anatomie, c’est le destin. » L’un des proches élèves de Freud, Ernest Jones, n’a-t-il pas écrit en 1932 : « Enfin, je pense qu’il ne serait pas inutile de nous souvenir d’une sagesse dont la source est encore plus ancienne que Platon : “Au commencement… Il les créa mâle et femelle.” » ?

Freud, en fait, pense la répartition homme/femme en termes d’identification. Le complexe d’OEdipe a vocation à résoudre ce que ses Trois essais sur la théorie sexuelle avaient décrit : l’enfant est un pervers polymorphe et la pulsion (Trieb) est toujours partielle.

Freud n’a jamais eu la naïveté de naturaliser le développement psychique ni de croire en l’existence d’une pulsion sexuelle génitale qui lèverait équivoque et malentendu sur le sexe. C’est parce que cette pulsion génitale fait défaut que l’OEdipe prend cette place d’assurer, par l’identification, une réponse à la malédiction sur le sexe. La loi du père, que le complexe oedipien présentifie, rend possible l’affirmation disjointe : je suis un homme ou bien je suis une femme. L’anatomie, voulue par la création divine selon la Genèse, est vaine pour normer la pulsion, le désir et l’amour, comme le démontrent cliniquement les perversions. Par contre, la loi oedipienne énonce, via les semblants, ce que les hommes et les femmes doivent faire ou s’interdire. Elle contraint. L’OEdipe ouvre non pas à une seule mais à une série d’identifications. Néanmoins, chaque identification a son reste de libido qui fait retour dans les fantasmes et les symptômes. Le refoulement et le retour du refoulé sont inséparables. L’OEdipe explique tout à la fois ce qui fait tenir et ce qui dérange la différence sexuelle. La question du féminin restera en suspens et le « continent noir» demeurera le réel de la théorie freudienne. Ce que veut une femme n’est pas tout interprétable par l’OEdipe. Freud le sait mais ce fut, pour lui, une butée irrésolue.

La logique de la sexuation

L’invention de Lacan est ailleurs. Son apport propre est de construire le concept de sexuation. Homme et femme se distinguent par leur modalité de jouissance rapportée au phallus, indépendamment de l’anatomie. Est homme celui qui se place tout sous le signifiant phallique. La jouissance phallique est, pour Lacan, dans la stricte dépendance de la parole et son modèle est « la jouissance de l’idiot », soit la pratique masturbatoire. Du côté homme, se déplie une logique universelle fondant un tout. Est femme, celle qui s’inscrit de n’être pas toute prise dans la fonction phallique, pas toute dans cette logique du tout dénombrable. Elle se promeut de l’infinitude. Cette jouissance féminine n’est pas complémentaire mais « supplémentaire » au signifiant du phallus – elle a valeur d’excédent de jouissance.

Elle est jouissance réelle et donc fait recel par définition. « La femme a rapport au signifiant de cet Autre, en tant que comme Autre il ne peut rester que toujours Autre. » L’ensemble des femmes ne peut être constitué : La femme ne peut s’écrire puisqu’elle n’est pas-toute dans la fonction phallique. Se ranger du côté homme ou du côté femme quant à la sexuation relève du choix et non du destin. C’est pourquoi, pour le psychanalyste d’orientation lacanienne, la nature (comme toute réalité pré-discursive) n’existe pas. La conclusion clinique qui s’en déduit est l’affirmation que le rapport sexuel entre l’Un et l’Autre ne peut être écrit : « l’absens désigne le sexe », ponctue Lacan.

Comment s’orienter avec ces repères cliniques de la sexuation ? Une piste : le xxie siècle, comme la fin du xxe, voit le Nom-du-Père (et ses corrélats : l’OEdipe, l’Autre, la Loi, le surmoi, la castration, etc.) perdre de ses prérogatives pour assurer un nouvel ordre amoureux et sexuel. Certains s’en désolent. D’autres s’essayent aux bricolages pour y suppléer. Les questions du genre, du transgenre et de l’identité sexuelle, appuyées sur des cas cliniques, seront dépliées à partir de ces premiers repères. Qu’allons-nous découvrir ?

Pr Hervé Castanet

Programme

De janvier à juin 2019 les vendredis de 14 h à 19 h 30
11 et 25 janvier
8 février
1, 15 et 29 mars (Conversation clinique)
26 avril
10 et 24 mai
7 et 21 juin

et deux « Matinées de la SC », les samedis de 10 h à 13 h
2 mars
18 mai

LIEU : Maison du bâtiment, 344 bd Michelet, 13008 Marseille
CONTACT : Mail ou par téléphone : 06 61 89 98 70

TARIFS : Particuliers : 420 € //  Institutions : 800 € // Étudiants : 250 €